Samedi 28 mars 2009
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10:52
Mercredi 25 mars
11° 30°
Aujourd'hui nous avons quitté le Moyen Atlas pour entrer dans le Rif, avec entre les deux une zone plus plate qui a dû subir les intempéries à en juger par les zones agricole encore inondées par
endroit et l'état de la nationale 13 qui se réduit à une seule largeur avec par moment la bande médiane qui devient bande latérale à droite ou à gauche. Entrer dans le Rif est un plaisir pour
l'œil car c'est vraiment une région différente des autres mais nous en avons déjà parlé à l'aller. Petit arrêt pour une séquence photo du moulin à olives actionné par deux ânes et du pressoir.
Nous avons retrouvé Chefchaouen et nous sommes retournés au même garage car les
rotules commençant à fatiguer, l'usure de pneus est irrégulière. J'ai donc fait retourner les pneus sur les gentes avant. L'ouvrier étant très gentil, nous lui avons laissé en prime un jeu de
cartes français. J'ai remarqué qu'ici le jeu de cartes le plus utilisé est identique à quelques détails près à notre jeu de l'aluette.
Jeudi 26 mars
Quel régal de parcourir la soixantaine de kilomètres entre Chefchaouen et Cabo Negro. C'est vraiment un Maroc différent que nous savourons ici, avec ses montagnes assez pointues, ses villages
perchés un peu partout dans le montagne et ses femmes habillées de tissu à rayures et coiffées du chapeaux de paille coniques agrémentés de décoration en laine colorée.
Avant Tétouan nous faisons un arrêt approvisionnement en petits pois, pommes de terre, tomates et oranges, sur le bord de la route.
Autre arrêt chez Marjane, là où les européens s'arrêtent pour dépenser leurs derniers dirhams, déconsigner les litres à étoiles et faire développer les photos argentiques.
Nous dormirons à La Ferma, chez un Avignonnais, marié à une marocaine, qui tient auberge, manège de chevaux et aire pour camping-cars à la française, avec des pneus peints en couleurs
vives pour délimiter les emplacements mais avec un équipement mieux conçu que certaines aires françaises. Le patron qui se fait surnommer Franck est un personnage. Rien que les formalités de
réception ne durent pas moins d'une demi-heure avec, en prime, un dessin personnalisé. Pour moi bien sûr, un maître qui enseigne le coran à des petits arabes assis par terre. Dommage que le
soir, au restaurant où nous avons pris une pastilla, il dérape fort dans des histoires bien grasses et à la limite racistes. Ca m'a pris la tête et un peu gâché la soirée dans un cadre pourtant
très agréable mélangeant le style art-déco et traditionnel arabe.
Nous avons partagé notre dernier après-midi ente le port de M'diq et la station de Cabo Négro.
Dans le premier, on se croirait un peu au Croisic, hormis l'intense activité qui y règne, avec les réparateurs de filets et les échoppes de sardines grillées. Comme des ballots, nous avions
déjeuné auparavant au camping-car. Seul, Vahaza, a profité des arrêtes qu'on lui lançait.
La deuxième est une station balnéaire type, visiblement majoritairement occupée par des Espagnols. La plupart ont les volets clos mais sont occupées au rez-de-chaussée par un gardien marocain,
parfois avec sa petite famille. Pour bien te persuader que tu es au Maroc, il y a quelques dromadaires importés du sud de l'Atlas.
Ce coin est magnifique et mériterait un arrêt plus long pour bien profiter des panoramas, sur les deux continents et le rocher de Gibraltar entre autre, par temps clair.
Vendredi 27 mars.
11° (au Maroc ce matin) 29 ° (à Séville ce soir)
Ce matin, nous avons traversé la dizaine de kilomètres que les espagnols viennent bétonner parce qu'ils n'ont plus de place sur la Costa del Sol. Ensuitee, nous avons sacrifié à
l'incontournable passage de la frontière. Ca m'a toujours profondément énervé de voir les préposés, même en Europe quand ça existait encore, faire leurs cakes (?) alors qu'ils pourraient remplir
les formalités avec un minimum de courtoisie. Ici c'est le sommum mais tu te fais tout petit si tu ne veux pas y passer trop de temps.
Ensuite un arrêt un peu moins désagréable mais quand même fastidieux au CashDiplo de Ceuta pour l'approvisionnement annuel en alcool, économies obligent. Pour finir l'embarquement, en marche
arrière, au centimètre près. Là, tu plies les rétros extérieurs et tu ne quittes pas des yeux l'agent qui te guide et qui en a vu d'autres.
Et puis te voilà dans le détroit tout enfumé par le rejet des gros chevaux des moteurs de bateaux qui y croisent (Là , tu culpabilises un peu d'y participer). Puis tu te retrouves à 110 à l'heure
sur des routes bien bitumées et toute lisses. Puis tu arrives dans la banlieue de Séville, dans le camping où tu as dormi à l'aller. Puis tu reçois un mail de tes petites filles qui
aimeraient bien que tu passes les voir, sur la route du retour (Et comment qu'on va s'arrêter ! On va peut-être aussi s'arrêter à Périgueux voir Thomas).
Et là tu réalises que ton troisième voyage au Maroc est en train de se terminer. Et tu te surprends à penser au quatrième tellement que d'une fois sur l'autre on les trouve meilleurs et que
tu découvres de nouvelles choses.
Inch'Allah comme ils disent là-bas (j'allais dire ici). Ce Inch'Allah qui selon celui qui le prononce et celui qui le reçoit peut-être fanatique, fataliste, mais aussi plein d'espoir, d'humilité
voir de philosophie.
On n'a qu à espérer que notre camping-car tienne le coup encore longtemps parce que l'autre soir à Chefchaouen, avec Marylène, on a constaté qu'il était parmi les plus ringards, face aux
intégraux de presque neuf mètres de longs, avec la remorque, voir, ce qui se fait de plus en plus, la voiture accrochée derrière. Ici, nul complexe ni jalousie, seulement une interrogation sur
les effets de la crise sur nos congénères européens.
En tout cas, on est vachtement contents de ce voyage !